
UN
HIVER OU UN SOIR ( C'était presque à Berlin )
FICHE TECHNIQUE
Un Hiver ou un soir ( cétait presque à Berlin )
France, 2002
Taille
: 10,8 Mo
Durée : 730 Tournage : Mini DV Master : DVC
Pro Format de diffusion : BETA SP Pal / Mini DV
Format de présélection : VHS Pal
Avec : Jörn Käblitz
Citations musicales : A Silver Mont Zion / Constellation Records
Assistants : Hans-Joachim Fetzer et Julie Laurent
Production : K. Rot Production ©
Postproduction : Studio Fearless (Marseille V.2002)
Distribution : Cyril Rouge / Fearless Médi@terranée
Diffusion : XV° Instants Vidéo de Manosque
RESUME
Un homme traverse un hall daéroport. Il passe avec son
bagage monté sur roulettes devant un mur de briques, puis pénètre
dans un appartement. A la cuisine, il lit une lettre, puis va se coucher.
Réveillé, il regarde les nuages courir derrière
la fenêtre, boit des bières, retourne au lit, contemple
les nuages à nouveau, dort encore. Cette vie dintérieur
se répète, et à mesure saccélère,
variant imperceptiblement. Peu à peu se construit un univers
en vis à vis. Depuis lappartement où le personnage
sest enfermé lon aperçoit dautres fenêtres,
derrière lesquelles se jouent des tranches de vie fugaces, où
la plus grande quotidienneté par-delà la banalité
livre un peu de son étrangeté.
Le personnage se dissout dans le sommeil et la boisson, tandis que les
ouvertures sur le dehors accroissent leur potentiel onirique et soffrent
un surcroît de présence. Cette vie en boucle nétait-elle
quun rêve, quelques minutes dune nuit sommeilleuse
? Lheure du réveil sonne in fine, elle est aussi celle
du départ. Le personnage prend son bagage, repasse devant le
mur de briques et parcourt de nouveau le hall. Il disparaît dans
un chuintement.
INTENTIONS
« Quiconque vit abandonné et voudrait cependant, çà
ou là, lier quelque relation, quiconque, en face des changements
que lui imposent les heures, les saisons, le métier ou toutes
autres circonstances, veut trouver un bras, un bras quelconque auquel
se tenir celui-là ne pourra se passer longtemps dune
fenêtre sur rue. Et même sil en est au point de ne
plus rien chercher, même sil nest plus quun
vieil homme recru de fatigue qui sappuie à sa fenêtre
et promène ses yeux entre le public et le ciel, la tête
un peu rejetée en arrière, sans plus rien vouloir, les
chevaux lentraîneront cependant dans leur cortège
de voitures et de bruit, pour le replonger enfin dans le concert des
hommes».
Franz Kafka
Cest un film dexil, peut-être lhistoire dun
passage à travers le vide laissé par Dieu une fois que
celui-ci sest retiré, ou le vide laissé par je ne
sais quoi. Un Hiver ou un soir est mon projet le plus « narratif
», et pourtant jai cherché à dissoudre lhistoire,
à labstraire, à tel point que le spectateur éprouve
un grand manque et sente se dérober ce qui apparaît dabord
comme représenté. Le passage du personnage, lenfermement
quil vit, participent bien entendu dun projet symbolique
: cest une allégorie de la condition humaine, en ce quelle
peut atteindre à labsurde, saccrochant aux habitudes,
à la triviale ivresse, à son goût pour les fenêtres
( la télé en est une ). Mais ce petit film tout bricolé,
aux sons asynchronisés, aux rythmes accélérés
ou ralentis, aux mouvements inversés, avec sa structure en miroir,
cette brève vanité voulait surtout mettre en exergue un
rayon de soleil, libéré par la course des nuages : Il
nous a laissés seuls, mais un éclat lumineux traverse
parfois la toile du temps.

SANS
TITRE
FICHE TECHNIQUE
( Sans Titre ) / ( untitled ) Cyril Rouge 2002
Taille
: 4,4 Mo
Durée : 5 minutes 30. Tournage : Mini DV
Master : DVC Pro Format de diffusion : BETA SP Pal
Format de présentation : VHS Pal
Avec : un crâne en savon ( film danimation )
Assistants : Miriam Blaustein , Monsieur Bruna
Production : Cyril Rouge
Postproduction : Studio Fearless (Marseille ; 01 / 2002).
Distribution : Fearless Médi@terranée / Cyril Rouge
Projections publiques : XV° Instants Vidéo de Manosque
RESUME
La dissolution dun morceau de savon en forme de crâne dans
une vasque, sous un flux deau variable. Le crâne apparaît
au lieu dun trou dévacuation, il fond au contact
de leau, puis devient informe.
INTENTIONS
Dans les Camps de la Mort on faisait du savon avec la graisse et les
os des personnes assassinées, est-il raconté. La forme
humaine était réduite à un volume manufacturé
pour lhygiène. Jai inversé le rapport, je
suis parti de linforme savon et je lai travaillé
afin de recréer une forme humaine, Golem de ma hantise, celle
de vivre dans un monde daprès la Catastrophe mais doù
la Catastrophe na pas été bannie et se rejoue sans
cesse.
Dans la vidéo se conjoignent deux objets élémentaires
de la civilisation, le crâne et le savon. Le culte des morts et
lhygiène cristallisés en une forme unique. Cette
forme est certes soumise à laction délétère
de leau, mais par delà la destruction se joue une méditation
en image conduisant à envisager autrement lémergence
de la masse informe, produit de la dissolution. Alors le bloc de matière
blanche dapparaître ainsi quun cerveau libéré
de los, une mémoire et une pensée à vif,
disponibles à ce que soit inventé du possible.
De la photographie du crâne, appréhendée dans une
fixité morbide vers limage informe, par laction dun
flux, jai cherché à dynamiser une conception de
limage mouvement dans son rapport à limage arrêtée,
et à rendre perceptible la lutte de la fixité et du flux,
de la forme et de linforme, de la représentation et de
la présentation.
La mise en uvre ne devait pas laisser de place au racolage, et
jai voulu un rythme sec, bien que soutenu, qui accroche et ne
mime pas la dissolution. Laustérité formelle est
donc ici souhaitée comme lexpression dune marque
de respect à légard du « champ » visité.

RESSAC
FICHE TECHNIQUE
Ressac « Easy Watching Version » Cyril Rouge (France) 2001
Taille
: 22,4 Mo
Durée : 13 minutes Tournage : Mini DV
Master : DVC Pro / Format de diffusion : BETA SP / miniDV
Format de présélection : VHS Pal
Avec : Hans-Joachim Fetzer, Thomas Thiel et Cyril Rouge
Citations musicales : Comedian Harmonists, Fred Frith
Assistants : Rodolphe Séraphine et Julie Laurent
Production : E.S.B.AM. (Marseille) / Rougimage
Postproduction : Studio Fearless (Marseille II.2001)
Distribution : Fearless Médi@terranée
Diffusion : 14° Instants Vidéo, Manosque (France, XI/ 01)
Khoule Club (Berlin, III / 02); Filmhaus (Nürnberg, V / 02)
RESUME
Un homme vient au bord de la mer avec un escabeau et le déplie
à côté de lui. Tandis quil contemple les vagues,
un autre vient, gravit les marches de lobjet, et sassied
à son sommet. Le premier venu, voyant cela, décide de
sasseoir à son tour, et pour ce faire utilise lune
des marches centrales. Après un temps, un troisième arrive,
et sinstalle sur la première marche. Lhomme au sommet
finit par tomber sur le sable. Alors celui qui était assis au
milieu prend sa place, et le dernier monte à son tour de quelques
degrés. Un temps. Lhomme effondré se relève
et prend place sur la première marche
INTENTIONS
Cette vidéo met en scène un escabeau et trois personnages,
mais la mer en apparaît vite comme le protagoniste. Sur les degrés
de lescabeau se joue un cycle, au symbolisme aussi indéniable
quouvert, une ascension dont lalternance est rythmée
par la chute de qui peut contempler la mer.
La plage devient un petit théâtre, où les hommes
jouent leur dérisoire passage tandis que le ressac perdure, imperturbable.
A la fin, le retour de lescabeau et le parfait alignement de son
plateau avec la ligne dhorizon arrêtent le mouvement de
lascension et de la chute, en ce quadvient une « harmonie
». Limage est faite et se fige en photographie, la musique
vient enlever ou relever cette parfaite fixité, celle dun
bonheur teinté de mélancolie dont se nimbent les images
que lon aimerait garder, les images davant la chute. Jai
voulu cette pièce contemplative et apaisante, comme une halte
lors dune promenade sur le rivage, une invitation à sallonger
sur le sable.

SE
TAIRE
FICHE TECHNIQUE
( se taire ) France, 2001
Taille
: 1,2 Mo
Avec : ma bouche et un caillou
Production : ESBAM / Cyril Rouge
Postproduction : Studio Fearless
Distribution : Cyril Rouge / Fearless Médi@terranée
Diffusion : ESBAM
RESUME
un
caillou dans la bouche. L'avaler pour apprendre à se taire. Un
bavardage impénitent se voue au silence des images...
INTENTIONS
Ce
court film fait partie d'un projet d'installation, "castration
suite", kit pour une histoire défaite. C'est peut-être
un manifeste. Epreuve banale mais intense ( le caillou est très
gros ), perte de soi dans le détail de soi, apprentissage du
silence en vue d'un autre langage...
